Je ne sais jamais comment
commencer, comment m’y prendre pour vous
faire comprendre tout ce j’ai envie de partager. D’ailleurs à présent je ne
sais plus rien. Cependant ça n’a pas toujours été le cas.
Vous voyez ces gens insupportables
qui pensent tout savoir et qui préfèrent mentir plutôt que d’admettre qu’ils
ne connaissent pas quelque chose ? Ou bien qu’ils ont tort ? J’en
faisais partie, enfin la plupart du temps. Pourquoi ? Tout simplement parce
qu’à force de faire croire aux autres qu’on a confiance en soi, on finit par le
croire.
Et, comme Ralph Waldo Emerson l’a
justement dit, « La confiance en soi est le premier secret du succès. ».
Et le succès, j’en rêvais. Rassurez-
vous, j’en rêve encore mais j’y crois de
moins en moins… Alors avoir de l’assurance, ou tout du moins le prétendre, m’a
permis de nourrir de grandes, voire d’immenses
ambitions. Ah ! Qu’est-ce que j’en ai rêvé de cette fameuse réussite
sociale et professionnelle à laquelle la plupart des gens tentent d’accéder !
Mais voilà, en réalité, de l’assurance
je n’en ai absolument pas, mais alors pas du tout. Et c’est une des raisons
pour laquelle aujourd’hui je suis seule chez moi, au beau milieu de l’après-midi,
tandis que des millions de jeunes sont à l’école, en train de réaliser qu’une
bonne partie de ma vie est bâtie sur un mensonge, auquel j’avais presque réussi
à croire. Voilà pourquoi aujourd’hui je suis si mal, pourquoi je pleure tous
les jours, pourquoi je n’arrive plus à sortir de chez moi sans avoir à me
forcer.
Mais ce n’est pas le pire, en
tout cas pas pour l’instant. Non, aujourd’hui ce qui me blesse le plus, ce qui
me rend malade, c’est de réaliser à quel point je suis devenue dépendante de
tous ceux qui m’entourent. Avant, j’adorais faire plein de chose par moi-même,
sans avoir besoin de demander de l’aide à quiconque. Je ne me rendais pas
compte de la chance que j’avais, sinon j’en
aurai bien plus profité… A présent c’est tout le contraire. A chaque crise, je
monopolise l’attention et le temps de mes proches car je suis absolument
incapable de m’en sortir seule. Parfois, après certains moments
particulièrement difficiles, je n’arrive plus à parler, à marcher. Alors j’ai
besoin d’aide pour me lever, pour descendre les escaliers, pour faire quelques
pas. Cependant je crois que ce qui est le plus douloureux, en tout cas à l’heure
actuelle, c’est de regarder mon petit frère, de 5 ans mon cadet, prendre soin
de moi lorsque nous sommes seuls à la maison et de savoir qu’il fait des
cauchemars toutes les nuits depuis que je suis malade. A cause de moi. Tout
cela à cause de moi.
Alors si vous n’aviez toujours
pas compris pourquoi ce blog s’appelle ainsi, je crois qu’à présent le message
est clair. Un fardeau, un poids, un boulet… Incapable d’accomplir quoi que ce
soit par moi-même, obligée de toujours compter sur les autres, perpétuelle
source de contraintes et d’inquiétudes…
Voilà ce que je suis devenue et croyez-moi, c’est un sentiment particulièrement
désagréable.
Parfois, je me dis que je
préférerai avoir une « vraie » maladie. Comme un cancer par exemple.
Pourquoi ? Tout simplement parce que même si elle est souvent malheureuse,
un cancer a une fin. Et une fois cette fin atteinte, toutes les souffrances que
vous avez endurées s’envolent. Or les phobies scolaires et sociales, elles, n’en
ont pas. On ne guéri jamais complétement.
J’ai conscience que ce discours
est particulièrement pessimiste mais il n’est que le reflet de ce que j’ai
ressenti ces derniers jours qui ont été, particulièrement éprouvants. Alors s’il
vous plaît, ne me jugez pas.
R.