En moyenne, une journée type
dure entre 12 et 14 heures. Soit environ 780 minutes. 780 longues, voire
interminables minutes durant lesquelles il faut s’occuper le corps et l’esprit.
Facile, ou tout du moins faisable pour la plupart des gens. Mais pas pour nous.
Voyez-vous, ce que ceux qui ne vivent pas avec nous ignorent, c’est que notre
quotidien est devenu synonyme d’enfer. Chaque journée se transforme alors en véritable
obstacle à surmonter. Alors aujourd’hui je vous propose de de vous mettre à la
place d’un phobique scolaire pour une journée.
Premièrement, il faut se lever.
Dis comme cela, ça paraît simple mais croyez-moi ça ne l’est pas, absolument pas.
Bien au contraire. Avant, avant que tout cela ne m’arrive, j’avais l’habitude
d’être debout à la première sonnerie de mon réveil. A présent, il faut que je
mette deux alarmes puis que mon père vienne dans ma chambre ouvrir les
volets pour qu’enfin, j’arrive
difficilement à sortir d’un sommeil
agité. Alors commence une longue lutte contre moi-même afin d’arriver à poser
mes deux pieds à terre. Pour tous ceux qui n’ont jamais été atteints de
phobie scolaire, cela vous paraîtra peut être exagéré ou irréaliste.
J’aimerai tant que ce soit le cas, que vous ayez raison, que je sois en train d’accentuer la réalité.
Mais malheureusement pour moi, pour mes
proches et pour tous les autres phobiques scolaires, ça ne l’est pas. Mais
bref, revenons à nos moutons.
Alors voilà, vous avez enfin
réussi à vous lever, avec plus ou moins de mal selon la journée qui s’annonce.
A présent il faut vous habiller. Mais à quoi bon ? Après tout comme la
plupart des jours vous ne sortirez pas, ou très peu, vous ne verrez personne,
excepté votre famille, et vous ne ferez rien d’intéressant. Voilà ce qu’est
devenu votre quotidien. Mais bon vous le faîtes quand même car c’est ce qu’on
vous a appris. Ça fait partie des règles de vie qui régissent notre société et
dans lesquelles vous avez été baignés depuis votre plus tendre enfance.
Puis vous allez manger et peu à
peu votre famille s’en va. Vos parents vont travailler, vos frères sœur vont
étudier et sans le vouloir ils vous rappellent tous alors que dehors, passé
cette porte, il y a un monde, un monde qui ne s’arrête pas, qui ne vous attend
pas. Alors votre journée commence véritablement. Imaginez-vous, seul avec vos
pensées, dans une maison dont vous finissez par connaitre les moindres recoins,
les moindres détails. Selon les jours, vous vivez cette solitude de façon plus
ou moins bien. Parfois la journée s’écoule sans même que vous ne vous en
rendiez compte. En revanche, la plupart du temps, elle vous semble interminable.
Pleurs, angoisses, fatigue, tout est au rendez-vous pour que cette journée vous
paraisse la plus longue, la plus difficile et la plus pénible possible.
Heureusement, quelle que soit la situation, et aussi longue
qu’elle vous paraisse, cette journée finira. Mais voilà, la plupart du temps,
vous avez beaucoup, que dis je, énormément de mal à vous en persuader.
Enfin vous arrivez au meilleur
moment, le coucher… Pour la quasi-totalité des gens, aller au lit à la fin de
la journée est synonyme d’apaisement. En effet, lorsqu’ils s’endorment, ils
oublient tous leurs soucis et espèrent seulement que la journée du lendemain sera meilleure. Mais pour vous ce n’est pas le cas. Enfiler
votre pyjama, ou encore vous glisser dans vos draps, ou enfin éteindre la lumière,
sera comparable à une véritable torture et provoquera presque immanquablement
des crises d’angoisses de violence croissante qui vous feront souffrir un peu
plus chaque jour.
Alors à présent je vous demande: supporteriez vous une journée à notre place?
Alors à présent je vous demande: supporteriez vous une journée à notre place?
Donc voilà, j’espère que, par
ces quelques lignes, vous aurez compris que, pour nous, les phobiques
scolaires, chaque action quotidienne telle que se lever, s’habiller se coucher,
qui pour vous sont si simples à accomplir, nous prennent un temps et une
énergie considérable.
Enfin,
je voudrai conclure cet article par vous donner les raisons pour lesquelles j’ai
choisi d’aborder ce sujet aujourd’hui. En réalité, cet article est destiné à
faire comprendre à mes proches, et j’espère aussi aux vôtres par la même
occasion, les répercussions immédiates
de cette maladie.
Merci à tous ceux qui me lisent
et qui commentent mes articles
R.