vendredi 17 février 2012

Obsessions


Hantise, idée fixe, manie, obsession, appelez cela comme vous me souhaitez mais au final ça ne change rien. D’ailleurs aucun mot ne sera jamais assez juste, assez puissant, assez précis pour décrire ce sentiment qui s’impose à vous et dont il est alors impossible de se débarrasser. Chacun, au cours de sa vie, a déjà été tourmenté par quelque chose de plus ou moins important. A partir de cet instant, impossible d’y échapper, cette idée ne sortira pas de votre esprit tant que vous ne l’aurait pas satisfaite.

Pourquoi ai-je décidé de parler de cela aujourd’hui ? Tout simplement car bon nombres de phobiques scolaires sont continuellement obsédés par différentes pensées diverses et variées. Parfois même, ces idées fixes deviennent si intenses, si tenaces, qu’elles deviennent  de véritables TOC. Ces derniers s’ajoutent alors à la longue liste des adversaires qu’il faut combattre au quotidien. Car oui, la phobie scolaire est une guerre de tous les jours qui transforme votre corps en un champ de bataille, abîmé peu à peu par tous les combats qui s’y sont déroulés.

Pour ma part la nourriture est devenu mon plus gros ennemi. Pas très original… Mais tenace. Pour tenter d’étouffer mes angoisses, j’ai commencé à manger un peu, beaucoup, énormément. En effet, quoi de plus simple que d’attraper un paquet de gâteau, des bonbons, des chips, pour s’occuper l’esprit dans l’espoir d’oublier, ne serait-ce que quelques instants, ce qui nous arrive. Alors on grignote encore et encore à longueur de temps. Et, fatalement, l’habitude s’installe. Passer quelques heures sans manger devient alors impossible et l’on préfère céder à la tentation plutôt que de se battre encore une nouvelle fois, car la maladie nous a épuisé, pompé jusqu’à la moelle. Mais les conséquences sont sans appel, en tout cas pour moi, : 6 kg en un peu moins de deux mois…
Cependant aujourd’hui je veux vous rassurer et vous transmettre ce message qui me tient tant à cœur : tout est difficile, mais rien n’est impossible. Je lutte, tous les jours, et peu à peu cette terrible habitude s’estompe et mon corps retrouve ses anciennes formes. Quel bonheur, quelle fierté de se dire qu’on a, enfin, gagné une bataille, certes minime mais si plaisante. Toutefois, je ne vous cacherai pas que, parfois,  c’est dur de résister , voire même impossible, et que, s’en sans rendre compte, on a englouti les trois quarts d’un paquet de chips en 5 minutes.

Jean grenier, qui a enseigné la philosophie à Camus, a dit : « Ecrire, c’est mettre en ordre ses obsessions. ». Et aujourd’hui, dans cet article, c’est ce que je fais. J’admets que la nourriture m’obsède, me hante même parfois. Et l’admettre c’est progresser sur la voie de la guérison ; Je me bats tous les jours et je ne lâcherai pas, pour moi, pour ma famille et pour vous.

A présent je vous invite à faire de même. Prenez une feuille de papier, et écrivez ce qui vous obsède et vient s’ajouter à cette affreuse maladie que nous avons en commun. Croyez-moi ça aide.
Enfin, je tiens à dédier ces quelques lignes à tous ceux qui ont gagné une bataille, aussi infime soit elle, car cela une reste une victoire. Et oui, vous n’avez pas gagné la guerre, mais vous en prenez le chemin.

R.

5 commentaires:

  1. Bonjour Raphaëlle, c'est Karel, encore une fois tu décris une vérité au sujet de cette maladie, car non seulement effectivement vous lutter contre elle mais en plus elle développe en vous d'autres symptômes et c'est encore un combat de plus. Comme si combattre cette phobie ne suffisait on rajoute un truc et un truc et encore un truc.... Bref ça n'en finit pas. Vous êtes tous très courageux, peu de gens s'en rendent compte mais croyez moi vous êtes courageux, vous avez des réserves en vous que peu de gens ont en eux, (des gens dit normaux). Soyez fiers de ce que vous êtes et ce sera déjà un pas vers la guérison.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Karel,
      En tout cas merci de me lire si souvent c'est très touchant de voir qu'on peut être ne serait ce qu'un tout petit peu utile à quelqu’un.
      A très vite!

      Supprimer
  2. oups je crois que je n'ai pas signé mon commentaire...c'est Helene.
    Bonne journée.Au plaisir de te lire.

    RépondreSupprimer
  3. Hélène,
    Même si ses histoires ne sont pas publiées, je suis sûre que le simple fait de les écrire l'aide énormément! J'aime beaucoup le système de "corbeille à angoisses", c'est très malin, j'essaierai peut être!
    Bon courage

    RépondreSupprimer
  4. Parfois aprés avoir ecrit son "malêtre" sur son papier et mis à la corbeille,elle retrouve le sourire...

    RépondreSupprimer