Hantise, idée fixe, manie, obsession,
appelez cela comme vous me souhaitez mais au final ça ne change rien. D’ailleurs
aucun mot ne sera jamais assez juste, assez puissant, assez précis pour décrire
ce sentiment qui s’impose à vous et dont il est alors impossible de se débarrasser.
Chacun, au cours de sa vie, a déjà été tourmenté par quelque chose de plus ou
moins important. A partir de cet instant, impossible d’y échapper, cette idée
ne sortira pas de votre esprit tant que vous ne l’aurait pas
satisfaite.
Pourquoi ai-je décidé de parler de
cela aujourd’hui ? Tout simplement car bon nombres de phobiques scolaires
sont continuellement obsédés par différentes pensées diverses et variées.
Parfois même, ces idées fixes deviennent si intenses, si tenaces, qu’elles
deviennent de véritables TOC. Ces
derniers s’ajoutent alors à la longue liste des adversaires qu’il faut
combattre au quotidien. Car oui, la phobie scolaire est une guerre de tous les
jours qui transforme votre corps en un champ de bataille, abîmé peu à peu par
tous les combats qui s’y sont déroulés.
Pour ma part la nourriture est devenu
mon plus gros ennemi. Pas très original… Mais tenace. Pour tenter d’étouffer
mes angoisses, j’ai commencé à manger un peu, beaucoup, énormément. En effet,
quoi de plus simple que d’attraper un paquet de gâteau, des bonbons, des chips,
pour s’occuper l’esprit dans l’espoir d’oublier, ne serait-ce que quelques
instants, ce qui nous arrive. Alors on grignote encore et encore à longueur de
temps. Et, fatalement, l’habitude s’installe. Passer quelques heures sans
manger devient alors impossible et l’on préfère céder à la tentation plutôt que
de se battre encore une nouvelle fois, car la maladie nous a épuisé, pompé
jusqu’à la moelle. Mais les conséquences sont sans appel, en tout cas pour moi, :
6 kg en un peu moins de deux mois…
Cependant aujourd’hui je veux vous rassurer
et vous transmettre ce message qui me tient tant à cœur : tout est difficile,
mais rien n’est impossible. Je lutte, tous les jours, et peu à peu cette
terrible habitude s’estompe et mon corps retrouve ses anciennes formes. Quel
bonheur, quelle fierté de se dire qu’on a, enfin, gagné une bataille, certes
minime mais si plaisante. Toutefois, je ne vous cacherai pas que, parfois, c’est dur de résister , voire même impossible,
et que, s’en sans rendre compte, on a englouti les trois quarts d’un paquet de
chips en 5 minutes.
Jean grenier, qui a enseigné la philosophie à Camus, a dit : « Ecrire,
c’est mettre en ordre ses obsessions. ». Et aujourd’hui, dans cet article,
c’est ce que je fais. J’admets que la nourriture m’obsède, me hante même
parfois. Et l’admettre c’est progresser sur la voie de la guérison ; Je me
bats tous les jours et je ne lâcherai pas, pour moi, pour ma famille et pour
vous.
A présent je vous invite à faire de même. Prenez une feuille de papier,
et écrivez ce qui vous obsède et vient s’ajouter à cette affreuse maladie que
nous avons en commun. Croyez-moi ça aide.
Enfin, je tiens à dédier ces quelques lignes à tous ceux qui ont gagné
une bataille, aussi infime soit elle, car cela une reste une victoire. Et oui,
vous n’avez pas gagné la guerre, mais vous en prenez le chemin.
R.
Bonjour Raphaëlle, c'est Karel, encore une fois tu décris une vérité au sujet de cette maladie, car non seulement effectivement vous lutter contre elle mais en plus elle développe en vous d'autres symptômes et c'est encore un combat de plus. Comme si combattre cette phobie ne suffisait on rajoute un truc et un truc et encore un truc.... Bref ça n'en finit pas. Vous êtes tous très courageux, peu de gens s'en rendent compte mais croyez moi vous êtes courageux, vous avez des réserves en vous que peu de gens ont en eux, (des gens dit normaux). Soyez fiers de ce que vous êtes et ce sera déjà un pas vers la guérison.
RépondreSupprimerKarel,
SupprimerEn tout cas merci de me lire si souvent c'est très touchant de voir qu'on peut être ne serait ce qu'un tout petit peu utile à quelqu’un.
A très vite!
oups je crois que je n'ai pas signé mon commentaire...c'est Helene.
RépondreSupprimerBonne journée.Au plaisir de te lire.
Hélène,
RépondreSupprimerMême si ses histoires ne sont pas publiées, je suis sûre que le simple fait de les écrire l'aide énormément! J'aime beaucoup le système de "corbeille à angoisses", c'est très malin, j'essaierai peut être!
Bon courage
Parfois aprés avoir ecrit son "malêtre" sur son papier et mis à la corbeille,elle retrouve le sourire...
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