mardi 6 mars 2012

Dépendance

Je ne sais jamais comment commencer,  comment m’y prendre pour vous faire comprendre tout ce j’ai envie de partager. D’ailleurs à présent je ne sais plus rien. Cependant ça n’a pas toujours été le cas.
Vous voyez ces gens insupportables qui pensent tout savoir et qui préfèrent mentir plutôt que d’admettre qu’ils ne connaissent pas quelque chose ? Ou bien qu’ils ont tort ? J’en faisais partie, enfin la plupart du temps. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’à force de faire croire aux autres qu’on a confiance en soi, on finit par le croire.
Et, comme Ralph Waldo Emerson l’a justement dit, « La confiance en soi est le premier secret du succès. ».  Et le succès, j’en rêvais. Rassurez- vous, j’en rêve encore  mais j’y crois de moins en moins… Alors avoir de l’assurance, ou tout du moins le prétendre, m’a permis de  nourrir de grandes, voire d’immenses ambitions. Ah ! Qu’est-ce que j’en ai rêvé de cette fameuse réussite sociale et professionnelle à laquelle la plupart des gens tentent d’accéder !
Mais voilà, en réalité, de l’assurance je n’en ai absolument pas, mais alors pas du tout. Et c’est une des raisons pour laquelle aujourd’hui je suis seule chez moi, au beau milieu de l’après-midi, tandis que des millions de jeunes sont à l’école, en train de réaliser qu’une bonne partie de ma vie est bâtie sur un mensonge, auquel j’avais presque réussi à croire. Voilà pourquoi aujourd’hui je suis si mal, pourquoi je pleure tous les jours, pourquoi je n’arrive plus à sortir de chez moi sans avoir à me forcer.
Mais ce n’est pas le pire, en tout cas pas pour l’instant. Non, aujourd’hui ce qui me blesse le plus, ce qui me rend malade, c’est de réaliser à quel point je suis devenue dépendante de tous ceux qui m’entourent. Avant, j’adorais faire plein de chose par moi-même, sans avoir besoin de demander de l’aide à quiconque. Je ne me rendais pas compte de la chance que j’avais,  sinon j’en aurai bien plus profité… A présent c’est tout le contraire. A chaque crise, je monopolise l’attention et le temps de mes proches car je suis absolument incapable de m’en sortir seule. Parfois, après certains moments particulièrement difficiles, je n’arrive plus à parler, à marcher. Alors j’ai besoin d’aide pour me lever, pour descendre les escaliers, pour faire quelques pas. Cependant je crois que ce qui est le plus douloureux, en tout cas à l’heure actuelle, c’est de regarder mon petit frère, de 5 ans mon cadet, prendre soin de moi lorsque nous sommes seuls à la maison et de savoir qu’il fait des cauchemars toutes les nuits depuis que je suis malade. A cause de moi. Tout cela à cause de moi.
Alors si vous n’aviez toujours pas compris pourquoi ce blog s’appelle ainsi, je crois qu’à présent le message est clair. Un fardeau, un poids, un boulet… Incapable d’accomplir quoi que ce soit par moi-même, obligée de toujours compter sur les autres, perpétuelle source de contraintes et d’inquiétudes…  Voilà ce que je suis devenue et croyez-moi, c’est un sentiment particulièrement désagréable.
Parfois, je me dis que je préférerai avoir une « vraie » maladie. Comme un cancer par exemple. Pourquoi ? Tout simplement parce que même si elle est souvent malheureuse, un cancer a une fin. Et une fois cette fin atteinte, toutes les souffrances que vous avez endurées s’envolent. Or les phobies scolaires et sociales, elles, n’en ont pas. On ne guéri jamais complétement.
J’ai conscience que ce discours est particulièrement pessimiste mais il n’est que le reflet de ce que j’ai ressenti ces derniers jours qui ont été, particulièrement éprouvants. Alors s’il vous plaît, ne me jugez pas.
R.

7 commentaires:

  1. On sent bien le poids que pèse cette maladie au quotidien,c'est déjà énorme car tu arrives à l'exprimer!Je voudrai bien parfois que ma fille arrive à le faire aussi,mais pour l'instant elle en est incapable...la ou je me dis que c'est insurmontable pour elle c'est quand elle me dis qu'elle veut se tuer...comment une fillette de 11 ans peut elle dire cela si ce n'est qu'elle est dans une souffrance terrible.C'est terrible pour vous,et pour nous parents.
    Nous ne sommes pas là pour te juger mais pour te lire.
    Continue d'écrire.
    Hélène.

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    1. Hélène,
      Merci de me lire si régulièrement. J'espère sincèrement que ta fille ira mieux peu à peu. Encore une fois, bon courage à toi!

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  2. Bonsoir, aucun jugement ne doit être porté sur ce que tu évoques ici. Tu as le droit d'avoir tes bons et tes mauvais moments. Et surtout saches que tout cela est normal. Que te dire de plus, si ce n'est continue à écrire Raphaëlle cela ne peut que te faire du bien. Il y aura des jours plus heureux, il ne faut surtout pas te laisser abattre par les mauvais jours. Et si voir ton petit frère mal parce que tu vas mal alors essaie de prendre ça pour te faire avancer et te dire que pour toi mais aussi pour ceux que tu aimes autour de toi et donc ton petit frère tu dois avancer et te battre. Prends ça comme une motivation pour toujours te sortir le plus possible du gouffre dans lequel tu es.
    Bon courage. A bientôt par tes textes.
    Karel.

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    1. Karel, merci pour ta fidélité. J'espère vraiment que la vie sera un peu plus aisée chaque jour pour Sarah et pour toi. D'ici là, je suis de tout coeur avec vous deux!

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  3. Que pourrait-on dire ? Je pense qu'il y a énormément à dire, qu'il y a des tas de conseils à te donner, des tas de mot à te transmettre pour que tu garde courage. Mais rien ne me vient là. Les grands et long discours, c'est mon truc d'habitude. Aujourd'hui, je te dirais simplement que c'est normal d'avoir des hauts et des bas, que c'est normal de se sentir mal et différent, que c'est normal de regarder les autre et de se dire qu'on devrait être à l'école, qu'on devrait rire avec ses amis, se battre avec ses parents pour pouvoir sortir ... Mais que ça ne doit pas t'empêcher d'avancer. Prends le temps qu'il faut, reste sur le côté, reprend ton souffle, respire, et quand ça ira mieux, repart. Parce que tu sais, tu auras beau te dire tout ce que tu veux, ça ne changera rien, je veux dire, c'est pas parce que tu vas te dire que tu devrais aller à l'école, que tu es différente, ou des tas de choses comme ça, que ça va aller mieux ! Bien au contraire ! Alors concentre toi sur ce que tu as, sur chaque progrès que tu fais, sur chaque victoire ! Et continue à te battre ! Chaque jour, à chaque seconde. Tout le temps. Et surtout, ne laisse jamais personne te dire que tu ne t'en sortira pas !
    Tes parents sont derrière toi et ils sont là parce qu'ils t'aiment et surtout, parce qu'ils croient en toi, ils savent que tu vas réussir à te sortir de tout ça, bien sur le chemin est long et parsemé d'embûche mais, ils savent que tu parviendra au bout un jour ou l'autre. Et ils seront là, pour t'encourager dans les bon moment, et te relever en cas de chute ! C'est le rôle des parents, alors ne te sens pas coupable parce qu'ils prennent soin de toi.
    Ensuite, pour ce qui est de ce que tu dis à la fin, personne n'a à porter un jugement. Moi la première. J'ai dis à ma mère aussi que je voulais mourir et je l'ai penser (tellement fort d'ailleurs que ça en devenait dangereux). Mais en fin de compte, je suis là. Parce que j'ai eu la force d'avancer, parce que j'ai été épaulée par mes parents, parce que j'ai vécu des bas, que j'ai vécu des hauts, et que j'ai tiré des leçon de chaque chose qui m'est arrivé. (D'accord je mens un peu là, il y a certaines choses dans ma vie qui se sont passé et dont je n'arrive toujours pas à retirer une quelconque leçon. Mais du reste, du fait que je n'aille plus à l'école, qu'il se passe tout ce qui se passe dans ma vie, j'en tire quelque chose. Je pense que tu devrais essayer de faire la même chose). Bref le fait est que le principal c'est que tu réussisse à voir les choses qui valent la peine d'être vécues.
    Je ne sais pas si ce que je te dis t'aide, mais en tout cas, courage, on est avec toi !
    Et une dernière chose, si tu aime beaucoup écrire, as-tu déjà essayer d'écrire des histoire ? Des fiction ou des fanfiction (reprenant un monde déjà inventer style Harry Potter ou Narnia.) ? Si non, tu devrais essayer, c'est libérateur, tu t'échappe pendant quelques heures de ton quotidien, du monde, et personnellement, ça m'a toujours été très bénéfique !
    Voilà. Encore courage !
    A bientot j'espère.
    Sarah

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    1. Sarah,
      Encore une fois je suis ravie de voir que mes articles t'inspirent tant de choses! Je suis en effet toujours très heureuse de découvrir tes, certes longs, mais très intéressants. En espérant, comme je l'ai dis précédemment à ta mère, que tout s'arrange peu à peu pour toi. A bientôt!

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  4. Bonjour Raphaëlle, je lis ton blog depuis un certain temps maintenant et chaque article que tu écris me touche beaucoup. J’espère que tu t'en sortiras au plus vite. Pierre

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